Compétences des développeurs territoriaux et offre de formation

Pour introduire le séminaire « Quels contenus et modalités de formation au développement territorial pour l’acquisition des nouvelles compétences professionnelles ?«  du 3 février 2015 – Eurre (26), nous avons demandé à Elise Turquin (Université de Grenoble), membre du groupe de travail « formation » de nous donner un aperçu des questions qui se posent aujourd’hui aux formateurs pour répondre aux besoins en compétences des développeurs territoriaux face à la montée des incertitudes qui bouscule le métier.

 

« Cet axe de travail propose d’approfondir les enjeux, les opportunités, les contraintes, les conditions d’une offre de formation adaptée aux enjeux actuels des territoires et aux conditions d’exercice du métier dans un processus d’accompagnement tout au long du parcours professionnel.

Quelques éléments de problématique à partir des constats posés par le groupe de travail, et illustré par une rencontre avec des étudiants et jeunes professionnels d’une formation en Ingénierie du Développement Territorial.

 

–      Transversalité : invoquée mais peu convoquée

Transversalité des enjeux et problématique mais spécialisation des formations, des expertises, des disciplines, des approches, des organigrammes…

En termes d’ingénierie et de formation, cette question se décline en termes d’approche généraliste ou spécialisée. Quelle place pour la pluridisciplinarité dans les organigrammes encore largement sectoriels des collectivités territoriales?

« Un pluridisciplinaire ça fait peur car on ne sait pas trop quoi lui donner, quoi lui faire faire »

Si le besoin d’approches techniques spécialisées émerge comme une attente forte face à la complexification des cadres et modalités de l’action, quelle place pour une approche intégrée des territoires et de leur développement, relevant d’approches plus généralistes ? Cet enjeu interroge également la séparation entre activités de conception et d’exécution, segmentation de l’action qui semble de moins en moins favorable à une logique d’innovation supposant une posture d’expérimentation et de tâtonnements.

– L’ingénieur territorial : entre expertise technique et posture professionnelle

Ingénieur territorial entendu au sens large, c’est-à-dire comme figure professionnelle de l’ingénierie territoriale.

Si l’expertise technique propre à l’ingénierie est revendiquée, elle reste difficilement identifiable autrement qu’en situation, et sa prégnance/centralité dans l’exercice professionnel est tempérée par l’importance des savoirs être, de la posture dans l’exercice des compétences. Au-delà de la (nécessaire) maîtrise technique des outils et des savoirs, c’est l’intelligence des situations dans lesquelles ils se déploient qui apparaît comme essentielle à l’exercice de cette ingénierie. La curiosité, les capacités de coordination (d’expertises, d’approches, d’acteurs…) et d’adaptation sont ainsi perçues comme centrales dans les compétences de l’ingénieur territorial.

– L’ingénierie territoriale : des compétences génériques, une expertise singulière ?

Si une grande partie des compétences identifiées comme relevant du cœur de métier de l’ingénierie territoriale apparaissent comme génériques et transposables dans différents champs d’activité (gestion de projet, management…), la spécificité des expertises semble se révéler in situ, à partir des problèmes que rencontrent les professionnels dans leur pratique (exercice d’une mission, élaboration ou la conduite d’un projet…). Décliné en termes d’enjeux de formation, cela souligne l’importance de l’expérience et de la pratique dans l’identification et l’apprentissage de cette expertise.

 

– Des métiers flous : entre inquiétude et stimulation

Coté étudiants, le caractère « flou » des métiers de l’ingénierie territoriale apparaît comme une source de préoccupations en termes de projet professionnel et source d’inquiétude en termes d’employabilité.

« À quels métiers peut-on prétendre ? On ne sait pas trop à quels métiers ça renvoie, c’est difficile à cerner ».

La forte demande en termes d’outils et de technicité émanant de la part des étudiants est peut-être ici révélatrice d’un manque de visibilité sur ces métiers et leur contexte d’exercice.

Pour autant cette perception est nuancée par les jeunes professionnels pour qui ce flou permet aussi « de construire le métier qu’on veut »,

« ça peut être effrayant car on ne sait pas où chercher, mais  la fois c’est stimulant car on peut chercher n’importe où ».

 

– Formations vues par les employeurs : Valeurs sûres / dilettantes

Au sein des collectivités territoriales notamment, les étudiants issus de formations universitaires se trouvent en concurrence accrue avec les écoles d’ingénieurs, les écoles de commerce ou encore les IEP (Instituts d’Etudes Politiques), qui territorialisent progressivement leurs approches. Formations d’excellence connues et reconnues, elles font office de « valeurs sûres » pour certains employeurs, à l’inverse des formations universitaires qui, foisonnantes, peu lisibles et ne pratiquant pas de sélection, font office de « dilettantes ». Quel positionnement et quelle spécificité des formations universitaires face à la territorialisation d’ingénieries spécialisées ?

– Les formations entre pertinence et performance

Quels critères et quelles modalités d’évaluation pour les formations, tant initiales que continues ? L’enjeu de la performance (nombre de participants/étudiants à une formation) reste le principal critère d’évaluation des formations au détriment d’une approche visant à en évaluer la pertinence (l’acuité au regard des enjeux présents et à venir). Comment concilier réponse aux attentes et anticipation des besoins ?« 

 

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