Innovation

Contexte

L’évolution que connaît l’organisation territoriale, la prise en compte des enjeux de développement durable et de cohésion sociale, la demande citoyenne de davantage de participation à l’élaboration et à la conduite des politiques publiques ou encore la réduction des ressources financières invitent les acteurs du territoire à imaginer des réponses nouvelles aux besoins de la population (habitants, salariés, entrepreneurs…) et, sans doute, à s’organiser différemment pour tenir des territoires vécus dépassant les limites administratives. La capacité à repérer l’innovation, à l’accompagner pour produire du nouveau ou du différent, voire même, à introduire le changement est devenue un enjeu d’autant plus important pour les développeurs territoriaux.

A la base du processus de développement se trouve l’action volontaire des acteurs politiques ou organisés pour introduire de l’innovation au sein de la société ou la transformer. L’accompagnement du changement est donc un des fondamentaux du métier de développeur territorial, qui œuvre à l’interface des acteurs pour la conduite d’un processus de développement.

Si donc l’innovation a toujours été une dimension du métier de développeur territorial, on peut supposer qu’aujourd’hui, son rôle évolue quelque peu du fait de l’injonction au changement.

Au-delà de la repérer, de la soutenir, il s’agirait de créer les conditions de son émergence, de son développement, de sa massification. Or, l’innovation, en particulier l’innovation sociale, est, à l’instar du développement durable, une notion qui contient intrinsèquement une idée de remise en cause des systèmes établis, dont celui dans lequel exerce le développeur territorial.

Et, si l’innovation suppose d’entraîner un changement, alors on dépasse le seul cadre du droit à l’expérimentation, posant la question de l’introduction de l’innovation et donc du changement des cadres mêmes.

Autrement dit, souhaite-t-on innover sur les marges ou trouver les marges de manœuvre pour innover ? L’idée de subversion sous-jacente peut-elle être compatible avec les missions assignées à l’agent de développement ? Quelles marges de manœuvre ont aujourd’hui les professionnels pour exercer leur fonction d’accompagnateur de changement ? Comment dépasser le stade de l’expérimentation ? Est-il possible d’allier de ou concilier technicité et créativité ? Comment travailler avec les autres ? Quelle ingénierie territoriale, quelle gouvernance, quelle organisation, quels lieux… sont propices à l’innovation?

Définition et points de vigilance

Innovation

On a tendance à opposer l’innovation technologique et l’innovation sociale.

On pourrait retenir l’idée que l’innovation technologique, parce qu’elle évoque une réaction à la concurrence et une recherche de compétitivité, suppose la mobilisation de moyens importants pour son accélération (moyens dédiés à la recherche-développement et à la diffusion).

L’innovation sociale évoquerait elle davantage la satisfaction de besoins non ou mal couverts et entraînerait une transformation des rapports sociaux de production. Qu’elle porte sur un produit, un procédé, une organisation, son modèle de gouvernance appellerait au multi-acteur (traduit dans les statuts) et serait ancrée territorialement, là où pour l’innovation technologique, le territoire peut être un simple support de localisation.

Les logiques seraient les mêmes mais les finalités seraient différentes.

L’innovation serait à différencier de la nouveauté, en cela que l’innovation contient une idée de transformation.

Le passage de la nouveauté, de l’invention à l’innovation appelle à une confrontation avec les contraintes du milieu.

Points de vigilance

Qu’elle soit technologique, sociale ou hybride, l’innovation peut consister à promouvoir une nouvelle idée ou un nouveau service, une nouvelle méthode de production ou une nouvelle organisation.

Elle peut perturber, voire entraîner une véritable rupture par rapport aux « processus » dominants.

La prise en compte des conditions d’émergence, des finalités autant que des effets perturbateurs de l’innovation permet d’en comprendre son pouvoir transformateur et de déterminer quels sont les ressorts d’un accompagnement au changement.

Le positionnement du développeur, à l’interface entre des cadres établis et des innovations perturbatrices, est donc singulier.

Enjeux et questions

Enjeu 1 : Appréhender en quoi le contexte d’aujourd’hui modifie la notion d’accompagnement au changement qui caractérise le métier de développeur territorial.

Enjeu 2 : Révéler les contradictions et les tensions possibles liées à l’ambition transformatrice d’une innovation.

Enjeu 3 : Identifier les conditions facilitantes du soutien à l’innovation. Mesurer son propre rôle, identifier les compétences à mobiliser et définir méthodologie & moyens.

Enjeu 4 : Interroger son propre cadre et mode d’exercice.

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Retour sur le séminaire « Accompagner le changement et l’innovation : quelles pratiques et quelles compétences mobilisées par les professionnels du développement territorial ? »

 

Les entretiens « accompagnement au changement et à l’innovation »

Comment les agents de développement accompagnent le changement sur le terrain ? Quelles compétences mobilisent-ils ? Comment jouent-ils des normes ?

L’enjeu : repérer les signaux, les pistes, les émergences et en tirer des enseignements pour inventer l’ingénierie territoriale de demain. N’hésitez pas à commenter ou à vous faire interviewer.

Agent de développement en milieu associatif. Témoignage de Marie Danjean, association AIDER initiatives.

Marie Danjean participe au groupe de travail « accompagnement au changement et à l'innovation », elle est "agent de développement exerçant hors collectivités" puisqu'exerçant en milieu associatif en tant que référente et animatrice du pôle Vie des Territoires et animatrice du pôle Économie et emploi à l'association AIDER initiatives. Nous savons que les recompositions territoriales ont des répercussions certaines sur le contexte d'exercice ...

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