Mise en place d’un centre social sur la Communauté de communes du territoire de Grisolles et Villebrumier

Nathalie Genibre-Pigoût est directrice de centre social sur la Communauté de communes du territoire de Grisolles et Villebrumier.

Elle a témoigné d’un processus de mise en place d’un centre social pour la séquence « l’écosystème et le jeu d’acteurs dans les processus de participation » lors du séminaire « Démarches participatives : les professionnels du développement territorial au service des processus de participation et de « faire ensemble » (22 janvier 2015 – Toulouse).


Carte d’identité du territoire

La Communauté de Communes du Terroir de Grisolles et Villebrumier (CCTGV), créée en 1999, regroupe aujourd’hui 13 communes situées dans le sud du Tarn et Garonne. Elle compte plus de 19 000 habitants. Elle fait partie du périmètre du Pays Montalbanais.

La présence des voies de communication rapides, la proximité des pôles d’emplois importants que sont l’agglomération toulousaine et la ville de Montauban, ainsi que le développement économique de certaines de ses communes font de la communauté de commune un des territoires dynamiques du département et présentant un fort potentiel d’accueil de population.

Epargnée par les problèmes propres aux territoires fortement ruraux et notamment la désertification, elle commence à subir la pression supportée par des secteurs situés en périphérie immédiate des villes (besoins en logements et en services) tout en conservant son attrait rural.

Son témoignage

 » La réflexion du projet social du territoire a démarré en 2009 et part d’une demande émanant d’un groupe d’habitantes de créer un espace de rencontre pour échanger, partager, mener des activités diverses. La volonté d’inscrire cette demande à l’échelle de la CCTGV est ensuite venue des professionnels de l’action sociale et des élus qui ont souhaité que la réflexion s’élargisse à tous les habitants du territoire. C’est grâce à un diagnostic partagé autour d’enjeux sociaux que la dynamique a été lancée et que le projet « vivre ensemble » a trouvé sa légitimité. Le processus a consisté à aller de la réflexion commune à la traduction d’actions opérationnelles.

Pour mener à bien ce projet, la CCTGV a fait le choix de s’engager avec l’ensemble des acteurs concernés dans une démarche de formation-développement avec l’Adefpat.

Un groupe de travail a été constitué, composé des élus des communes et des professionnels du territoire (CAF, MSA, Conseil Général), avec la volonté d’ouvrir ce groupe aux acteurs associatifs et aux habitants. Cette formation a permis de construire un projet social du territoire. En conclusion de cette formation-développement Adefpat, des pistes de réflexions ont été élaborées dont la démarche de création d’un centre social intercommunal.

 

Le cadre de cette démarche a été validé sur la base de 3 principes :

– produire une dynamique participative avec les habitants et les associations locales,

– examiner tous les scénarios possibles quant au cadre juridique du futur centre social,

– pouvoir de décisions maintenu par les élus.

 

Six réunions publiques, concertées et participatives, ont permis de mettre en évidence quelques constats :

– une volonté de travailler ensemble (associations et institutionnels),

– un existant associatif riche, diversifié mais fragile,

– un territoire dynamique qui a pour enjeu l’intégration de ses nouveaux habitants,

– un déficit de lieux de rencontre et de convivialité,

– un bassin d’emploi considéré comme faible aujourd’hui,

– des aménagements à venir qui auront un impact sur la dynamique territoriale de la CCTGV (construction d’une plate-forme « grand sud logistique », gare LGV…),

– un problème de mobilité récurent,

– un manque de communication.

 

En 2012, une étude est menée sur la création du centre social, qui voit le jour en 2013. Une des phases importantes du processus a été la définition de la gouvernance du centre social. La concertation n’a pas été simple entre les élus, les habitants et les associations, mais a pu déboucher sur une proposition originale. Les moyens humains et matériels sont portés par la CCTGV, et l’animation du centre social par une association fonctionnant sur la base de 3 collèges (les élus, les associations et les habitants). La présence de ces 3 catégories d’acteurs leur permet de rester partie prenante de la gouvernance du centre social. Chaque année, le projet du centre est validé et voté par le conseil d’administration de l’association, puis l’association présente le projet uniquement sur les aspects budgétaires, matériels et de personnels, au Conseil communautaire.

Le fonctionnement du centre social se fait également sur un mode participatif et s’appuie sur 4 groupes de travail portant sur 4 axes : la parentalité, l’enfance-la jeunesse, les personnes âgées et le lien social. »

 

L’analyse des participants

Les participants étaient invités à repérer les finalités selon le point de vue d’un des protagonistes du projet.

ACTEURSFINALITES
Elus (majorité)Déléguer des compétences au monde associatif, mais dans quel sens, jusqu’où : « Faire faire » ou « laisser faire » ?
Elus (opposition)- Stimuler l’autonomie des populations
- Emanciper les populations sur la définition de ses propres besoins
Habitants- Souhait de comprendre pourquoi une nouvelle structure au lieu de s’appuyer sur une structure existante
- Prendre part à l’orientation, à la prise de décision de choix me concernant et m’impliquant
- Besoin d’échanges
- Envie de donner du temps
- Maintenir le cadre de vie et m’impliquer dans la gestion de l’urbanisation
Représentants d'associations- Développer son réseau
- Faire connaître ses actions
- Relais d’information ascendant / descendant
- Recherche de financement
Partenaires institutionnels- Légitimes car compétence des institutions.
- Vérification du respect du cahier des charges (garant du projet)
- Accompagnement du projet du point de vue stratégique, technique et financier
- Soucis d’aménagement du territoire
- Répondre aux besoins des populations
Agents de développement- Créer du lien entre anciens et nouveaux habitants
- Développer du « vivre ensemble » et renforcer l’identité territoriale
- Analyse collective des besoins nouveaux et adapter les réponses
- Le centre social, un bon « support » pour une participation pérenne

→ Des finalités / intérêts différents mais pas forcément divergents.
→ Des finalités / intérêts plutôt complémentaires.

Les participants devaient ensuite reconstruire la chronologie du processus, toujours de leur angle de vue de protagoniste du projet, pour identifier pour eux les moments-clés où ils ont joué un rôle et déterminer si c’est leur responsabilité, légitimité, pouvoir ou autorité qui était alors en jeu.

chronologie grisollesTéléchargez la chronologie de la mise en place du centre social.

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