Le Carrefour des métiers du développement territorial : pourquoi faire ?

Interview d’Hélène Schwartz, vice-présidente de l’Unadel, Jean-Yves Pineau, directeur du Collectif Ville Campagne et Etienne Varaut, vice-président de l’Inter-réseaux du développement social urbain (IR-DSU).

L’Unadel, CVC et IR-DSU lancent le Carrefour des métiers du développement territorial : à qui s’adresse-t-il et pour quoi faire ? En tant que professionnel, que peut-on en attendre ?

helene-schwartz-webHélène Schwartz : Le Carrefour des métiers s’inscrit dans une démarche de connaissance et de reconnaissance du développement local et des acteurs qui y oeuvrent, amorcée depuis dix ans déjà. Il s’adresse en premier aux professionnels qui interviennent sur les territoires. Mais aussi aux chercheurs, aux enseignants, et aux formateurs. C’est un espace de réflexion et d’actions qui est pensé pour permettre aux développeurs d’être apprenants par la dynamique d’échanges sur les métiers, les compétences, les formations, entre autres. Il s’est construit sur la base de consultations et d’écoute des besoins des professionnels, et se remodèle au fil des apports qui sont faits. Les professionnels vont y trouver ce qu’ils y apportent, selon leurs besoins et leurs envies. Nous sommes à leur service.

Photo-Jean-Yves-Pineau-webJean-Yves Pineau : Le premier Congrès des développeurs territoriaux en 2013 a fait émerger des urgences. Aujourd’hui nous poursuivons la réflexion sur 3 niveaux : questionner le sens, le métier, les pratiques. Nous souhaitons alimenter les professionnels du développement territorial, offrir un espace d’échanges pour être à l’écoute des besoins, des attentes, et s’enrichir mutuellement avec des personnes de tous horizons. La démarche s’inscrit dans la poursuite de nombreux travaux, co-élaborés avec de multiples partenaires associés. Réunir et élargir encore la participation à tous ceux qui travaillent ou sont intéressés par le développement territorial, qui ont des choses à dire et que nous devons entendre. Tout le monde ne pense pas les questions de développement de la même manière !

Etienne VARAUT-150x150Etienne Varaut : En s’adressant aux professionnels du développement territorial et au milieu concerné par nos métiers, le Carrefour vise à favoriser la prise de recul sur les enjeux professionnels pour mieux situer sa pratique dans le contexte local et global actuel, et à comprendre ses marges de manœuvre.
Le Carrefour permettra aussi une mise en lumière et une promotion de nos métiers.

 

Quels sont ses objectifs concrets, quels résultats en attendez-vous, les moyens mis en œuvre ? Comment participer ?

HS : Nous constatons une évolution de nos métiers, au regard de celle des politiques publiques et du contexte social. Le Carrefour est l’occasion de se doter de grilles de lecture permettant d’accompagner le changement, d’agréger ce qui se passe autour de nous, d’interpeller des « familles » différentes de professionnels et d’acteurs, pour revoir nos concepts. Nous visons l’ouverture, le Carrefour n’est pas « notre » objet mais bien celui des professionnels que nous invitons à s’exprimer. La nouveauté fonctionnelle vient dans la mise à disposition du site web du site développeurs-territoriaux.org, qui est un outil collaboratif au service des professionnels.

JYP : L’ouverture du site marque une étape supplémentaire dans la dynamique. Pour participer aux réflexions en cours, il suffit de s’inscrire sur le site ! Ainsi toute personne curieuse peut participer, commenter, rejoindre un groupe de travail, créer une discussion dans un forum, publier une offre ou une recherche d’emploi… et d’autres services encore à découvrir.

EV : Les groupes de travail ouverts aux professionnels produiront des travaux utiles à tous. Le site internet permettra en effet de contribuer et d’accéder à des documents sur nos métiers.

À ce sujet, quels sont les travaux en cours ?

JYP : Les travaux menés sont menés autour des 5 axes de travail, qui réinterrogent les pratiques des professionnels dans un cadre évolutif et face à des enjeux de plus en plus complexes. Il s’agit d’interpeller leur capacité à coopérer ensemble, à relier des politiques publiques et des dispositifs souvent sectoriels qui ne favorisent pas l’approche globale et transversale ; de redonner une place aux citoyens et aux acteurs des territoires, pour accompagner le changement et les innovations sociales ; de réfléchir aux compétences que cela nécessite de mobiliser. L’idée est enfin de réinterroger la formation des professionnels pour l’adapter à l’évolution des métiers, des pratiques et des compétences. Les groupes de travail qui ont été constitués veulent être représentatif des professionnels. Ils vont emmener les participants vers 5 séminaires organisés en région, qui seront l’occasion pour d’autres de rejoindre la dynamique. Le site internet sera un espace ouvert où les professionnels pourront également apporter leurs points de vue et contribution grâce à des espaces d’échanges et d’entraide.


Le contexte actuel de réforme territoriale bouscule-t-il les métiers ? Comment les acteurs du développement territorial sont-ils accompagnés dans le changement ? Le rapport au politique, à la société civile, est-il en mutations ?

JYP :  Le métier du développement territorial est à la charnière des préoccupations altruistes (prendre en charge la société) et de l’organisation des systèmes. Il porte en lui une complexité. L’intérêt du Carrefour est de se saisir de ces niveaux de complexité, à travailler ensemble sur les concepts pour bien nommer le travail. Et traiter des questions comme : quelle société veut-on construire ? Quelle organisation spatiale, sociale, économique, voulons-nous ? Quelles sont les carences, les manques, les besoins ? En restant dans l’efficacité ! Nous souhaitons aussi aborder des questions plus concrètes, tout en les articulant à une réflexion sur le sens. Notre but est que chacun puisse apporter et puiser ce qui l’intéresse, selon son passé, sa formation, ses pratiques, son vécu, son expérience…et ses projets. Le contexte de la réforme territoriale précipite encore plus ces interrogations sur le métier. A nous de trouver l’articulation entre tous ces aspects.

HS : En effet, le contexte actuel accélère la nécessité d’être préparé à des mouvements permanents de changement. A priori il n’y a pas de démarche collective pour accompagner ce changement. C’est une posture à construire ensemble. Aujourd’hui, nous n’avons aucune certitude sur le fait que les cadres que nous connaissons vont durer. L’accélération fait partie de notre métier, comment allons-nous la gérer ? Le Carrefour peut servir à créer des outils d’innovation, d’être un catalyseur au service des professionnels, qui poursuive la construction de référentiels sur les métiers, qui consolide, qui permettre de résister au tourbillon !

JYP : Oui, parfois les choses nous dépassent, certains professionnels témoignent d’un écartèlement entre la commande publique et les demandes de la société civile. Le Carrefour est aussi l’occasion d’échanger sur des questions qui peuvent être anxiogènes, de lever des tabous. Le Carrefour est un lieu de réflexion, de prospective, et d’utopie !

EV : Le Carrefour nous aidera à accompagner le changement. Les professionnels sont au cœur des mutations en cours, par exemple des enjeux de participation citoyenne et de développement du pouvoir d’agir des citoyens.

Quelles sont les questions sensibles que le Carrefour va pouvoir aborder ?

JYP : Espérons qu’il n’y aura pas de censure ! Dans certains contrats de travail, le temps de rencontres sur le terrain n’est pas prévu. Charge aux agents de se rendre sur place en dehors de leur temps de travail, en soirée et week-end. Aujourd’hui un des risques est que l’agent se déconnecte de son territoire et deviennne un simple gestionnaire. Est-ce souhaitable ? Cela a le mérite de réinterroger le militantisme. L’animateur territorial n’est plus valorisé !

HS : Les questions de carrière, d’évolutions, de mobilité professionnelle, de création de syndicat devraient ressortir.

EV : S’interroger sur ses valeurs et ses pratiques professionnelles devient de plus en plus nécessaire pour savoir pourquoi, pour qui, et comment on fait du développement territorial. La question du « faire pour les citoyens » ou du « faire avec les citoyens » reste aussi un sujet sensible dans notre milieu professionnel.

 Et vous, quelles questions saillantes souhaitez-vous aborder ?

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