Sébastien Moreau, chef de projet. Pays Combraille en marche, Puy-de-Dôme

Votre parcours en quelques mots ?

 

sebastien_moreau_webAprès des études de géographie, j’ai passé un master « aménagement et développement des territoires » à l’IUP de Limoges. J’ai travaillé ensuite pendant quatre ans dans un bureau d’études en milieu urbain, avant de rejoindre le Pays de Combraille en marche en 2012. D’abord chargé de mission habitat, je suis passé chef de projet, en charge de l’élaboration de la stratégie territoriale. Huit salariés travaillent en équipe à la refonte de la convention territoriale, qui doit être validée pour la fin de l’année.

Le Pays, très rural, regroupe 80 communes et s’étend sur un tiers de la Creuse. Ses caractéristiques : une très faible densité de population, pas de pôle central mais des petits bourgs de 1500 habitants au maximum, avec une population vieillissante. Le solde naturel est à peine compensé par le solde migratoire. Ma mission est de veiller à la cohérence du projet de territoire, sans spécialisation particulière.

L’élaboration du nouveau contrat de territoire, qui vise à accompagner les porteurs de projet publics et individuels, s’inscrit dans un contexte de diminution des fonds publics. Cela aura une incidence sur le nombre de projets et leur envergure.

Quelles évolutions constatez-vous dans l’exercice de votre mission ?

La tendance que nous observons avec d’autres agents de développement est de passer beaucoup de temps sur la gestion administrative de dispositifs qui deviennent complexes et techniques. Ce qui nous éloigne de notre mission première d’animation et de mise en réseau sur le territoire. Nous sommes liés les contrats qui financent nos postes. En parallèle de dispositifs de plus en plus techniques et chronophages, nous essayons de dégager des marges de manœuvre pour dégager du temps et faire émerger des idées nouvelles, utiles pour le territoire. C’est dans ces marges que le terme « développement local » prend tout son sens.

Beaucoup de temps sur la gestion administrative nous éloigne de notre mission d’animation et de mise en réseau

Quel exemple de réalisation est issu de la démarche du Pays ?

L’Université rurale, qui se tient tous les 2 à 3 ans, fait émerger des idées qui sortent des sentiers battus.  C’est un grand chantier que nous ouvrons à la réflexion collective : temps d’échanges, de rencontres, de co-production, de mise en réseau. Le thème de la dernière édition 2012-2013 porte sur les circuits courts. C’est dans ce cadre que s’est mis en place le « drive  » des producteurs locaux « À Vendredi », sur la commune de Chambon-sur-Voueize. Les consommateurs passent leur commande en produits locaux et viennent chercher leur panier le vendredi après-midi. Un site web permet la mise en relation directe des producteurs avec les consommateurs. Cette expérimentation a été reprise dans d’autres territoires.

Comment s’élabore la nouvelle Charte 2014 / 2020 ?

Pour sortir du diagnostic pessimiste « maisons fermées, commerces aux rideaux baissés, disparition des services publics, population vieillissante », nous avons mis en place un laboratoire d’idées participatif, la Fabrique des futurs. Un « scénario créatif pour territoires positifs », qui accompagne la rédaction de la Charte.

Le travail s’est fait par étapes. Une première phase d’enquêtes et de recension des projets en cours nous a donné une cartographie positive du territoire retranscrite sous forme de film. Du tri et de la hiérarchisation de ces initiatives se dégagent huit thématiques qui vont orienter la stratégie de la nouvelle Charte. Nous préparons des courts-métrages sur ces sujets, que nous irons projeter et mettre en débat dans tout le Pays. C’est ainsi que nous allons valider et amorcer la mise en œuvre du nouveau contrat de territoire.

Comment voyez-vous votre métier aujourd’hui ?

À l’image des transitions énergétiques que nous ne pouvons plus ignorer, nos métiers connaissent des mutations que nous devons intégrer. Nous souhaitons passer sur des coopérations plus transversales que verticales. Le travail sur les énergies renouvelables est une opportunité pour construire des projets innovants, éco-responsables et participatifs. Et montrer que le milieu rural est vivant et se renouvelle !

Nous souhaitons passer sur des coopérations plus transversales que verticales

Et vous, quel est votre « scénario créatif » ?

 

Une réponse à “Sébastien Moreau, chef de projet. Pays Combraille en marche, Puy-de-Dôme”

  1. Chambon

    Attention, confusion dans le titre : le pays de Combraille en marche n’est pas le pays des Combrailes, le premier est en Creuse et non dans le Puy de Dôme comme le second

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